jean-yves macron

Article 45 : qu'est-ce que la Tradition ?

Article 45 : qu'est-ce que la Tradition ?

L'abbé Mathieu Salenave réagit immédiatement à l'article 44 partie 1, sans avoir pris connaissance de ce simple exposé par le droit canon qui définit froidement ce qu'est un schisme. Il se défend en posant la question : « la Tradition peut-elle être excommuniée ? »

Comment l'Eglise "de toujours" (à laquelle doit obéir l'abbé Mathieu Salenave) définit-Elle le mot "Tradition" ?

Je rappelle que l'abbé Mathieu Salenave est persuadé - et veut à toute force persuader les autres - que l'Eglise et le saint Concile Vatican II sont la cause de tous les maux de la société.
Une accusation extrêmement grave qu'il refuse de remettre en question, malgré les corrections de cinq papes et d'une multitude de ses confrères depuis 60 ans.

Avant de poursuivre notre exposé sur ce qu'enseigne le magistère Traditionnel sur ce qu'est un schisme et qui est schismatique, voici l'enseignement traditionnel que transmet un chef de l'Eglise incontesté et validement canonisé à un évêque sincère mais influencé de sedevacantisme :

Le pape : "Un évêque seul et sans mission canonique n’a pas la faculté d’établir en général quelle est la règle de la foi et de déterminer ce qu’est la Tradition.

Or pratiquement vous prétendez être juge à vous seul de ce que recouvre la Tradition.

Un concept faussé de la Tradition :

Vous vous dites soumis à l’Eglise, fidèle à la Tradition, par le seul fait que vous obéissez à certaines normes du passé, dictées par les Prédécesseurs de celui auquel Dieu a conféré aujourd’hui les pouvoirs donnés à Pierre.

C’est dire que, sur ce point aussi, le concept de « Tradition » que vous invoquez est faussé.

La Tradition n’est pas une donnée figée ou morte, un fait en quelque sorte

statique qui bloquerait, à un moment déterminé de l’histoire, la vie de cet

organisme actif qu’est l’Eglise, c’est-à-dire le Corps mystique du Christ.


Il revient au Pape et aux Conciles de porter un jugement pour discerner dans les traditions de l’Eglise ce à quoi il n’est pas possible de renoncer sans infidélité au Seigneur et à l’Esprit-Saint – le dépôt de la foi – et ce qui au contraire peut et doit être mis à jour :

- pour faciliter la prière et la mission de l’Eglise à travers la variété des temps et des lieux,

- pour mieux traduire le message divin dans le langage d’aujourd’hui et mieux le communiquer, sans compromission indue.

La Tradition n’est donc pas séparable du Magistère vivant de l’Eglise, comme elle n’est pas séparable de l’Ecriture sainte.

« La Sainte Tradition, la Sainte Ecriture et le Magistère de l’Eglise… sont

tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste

sans les autres et que toutes ensemble, chacune à sa façon, sous l’action du

seul Esprit-Saint, contribuent efficacement au salut des âmes. »


(Constitution Dei Verbum, n. 10.)

C’est ainsi qu’ont agi communément les Papes et les Conciles oecuméniques, avec l’assistance spéciale de l’Esprit-Saint. Et c’est précisément ce qu’a fait le Concile Vatican II.

Rien de ce qui a été décrété dans le Concile Vatican II, comme dans les

réformes que nous avons décidées pour le mettre en œuvre, n’est opposé à


ce que la Tradition bimillénaire de l’Eglise comporte de fondamental et

d’immuable.


De cela, nous sommes garant, en vertu, non pas de nos qualités personnelles, mais de la charge que le Seigneur nous a conférée :

- comme successeur légitime de Pierre et,

- de l’assistance spéciale qu’il nous a promise comme à Pierre : « J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas. » (Lc 22, 32.).

Avec nous en est garant l’Episcopat universel.

Vous ne pouvez pas non plus invoquer la distinction entre dogmatique et pastoral pour accepter certains textes de ce Concile et en refuser d’autres."

Saint Paul VI à Mgr Marcel Lefebvre le 11 octobre 1976.
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