jean-yves macron

Article 48 : Le mouvement lefebvriste et son schisme. Par l’abbé de Nantes.

Résumé des articles précédents :

Nous avons prouvé que la doctrine sur la liberté religieuse lue à la lumière du magistère traditionnel est parfaitement orthodoxe et que la "messe de Luther" n'existe pas.

Nous avons vu également que Mgr Lefebvre avait une fausse conception de la tradition et que canoniquement son schisme est indiscutable.

Enfin que l'hérésie qui sous-tend sa doctrine est la négation du dogme de l'indéfectibilité de l'Eglise Catholique romaine.

Voici donc l'opinion d'un abbé qu'on ne pourra pas suspecter de modernisme.

Cet article est dédié à toutes les âmes charitables qui pensent que je suis à la dérive en ayant rejoint l'Eglise romaine visible, sainte dans sa doctrine et son magistère, la seule Eglise catholique sans cesse abreuvée des erreurs progressistes et des calomnies rigoristes.

Ni intégriste, ni moderniste : simplement catholique.


Article 48 : "Le mouvement lefebvriste et son schisme".

Par l’abbé de Nantes, qui par ailleurs ne comprit pas les déclarations du

Concile Vatican II.


Le 6 mai 1975, le décret d’érection de la Fraternité Saint-Pie X était retiré, et le séminaire d’Écône perdait le droit à l’existence.

Mgr Lefebvre entrait en rébellion.

Il créera dès lors, dira-t-il « un schisme implicite, larvé, mais qui n’en serait pas moins réel. Un évêque ne peut pas légitimement cesser tout à coup d’obéir et maintenir l’existence d’un séminaire contre la décision de l’évêque du lieu et contre la volonté des autorités romaines. »

L’abbé de Nantes lui fera observer qu’à opposer la Rome de toujours à celle


d’aujourd’hui, sans faire appel au jugement infaillible du Pape, Mgr Lefebvre se

posait, lui, en juge souverain !


LA RÉBELLION OUVERTE

Il publia deux éditoriaux qui retraçaient l’histoire de la Fraternité Saint-Pie X en soulignant les déplorables erreurs de son fondateur.

Il avertissait qu’il était désormais « non seulement inutile, mais

coupable » de soutenir les fondations de Mgr Lefebvre
.

Il réfuta la distinction entre « l’Église de toujours » et « l’Église réformée et libérale », qu’aimait à faire l’ancien archevêque de Dakar pour se justifier, et il publia, au contraire, une très ferme profession de foi en l’unique et éternelle Église :

« L’Église est Unique, Sainte, Catholique et Apostolique. Je le crois sur la Parole de Dieu, d’une certitude absolue, pour la vie, comme si je voyais l’invisible, par une nuit obscure. Parler, agir à l’encontre, ou même désirer que les choses soient autres, constituerait pour nous une faute, un péché contre l’Église et donc contre le Christ-Dieu, car celui qui blesse l’Épouse atteint du même coup l’Époux. Et cela, aucun prétexte d’amitié ou d’intérêt ne le permet. »

Tout le drame d’Écône, expliqua une nouvelle fois l’abbé de Nantes, résultait du dessein conçu par Mgr Lefebvre d’instituer une « Église officieuse, discrète, humble, silencieuse, Église fidèle qui maintiendrait la Tradition dans les traditions qui en sont le véhicule ordinaire. (…)


Le processus des deux Églises parallèles, concurrentes, inconciliables,

était lancé, sous la fiction transparente de la soumission au Pape, de

l’amour et de la vénération de sa personne, prisonnière de son entourage

ou de son personnage. (…)


Comme Mgr Lefebvre allait de ville en ville, d’Australie au Canada, pour faire connaître son œuvre et encourager les fidèles, on lui demanda les sacrements. C’est alors qu’insouciant des saints canons de l’Église qu’il violait, mais en toute tranquillité de conscience, il commença d’agir partout en évêque sans l’autorisation de personne. Et non seulement il confirmait, mais il reconfirmait les enfants dont les parents doutaient que la Confirmation fût valide !

Mgr Lefebvre remettait donc pratiquement aux fidèles le soin de décider

de la validité des formules et de la droiture des intentions des

célébrants, selon leurs impressions !


Une telle « suspicion générale, écrivit encore l’abbé de Nantes, a été ressentie par le clergé du monde entier comme

un affront et, plus gravement, comme une atteinte à la légitimité de

l’Église visible dans son institution organisée, hiérarchique, et dans ses

sacrements quotidiennement, universellement distribués. »


Le pire est que jamais Mgr Lefebvre ne reconnaîtra son erreur.

LA CONSOMMATION DU SCHISME

Le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre donna la consécration épiscopale à quatre prêtres de sa Fraternité sacerdotale, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife. Ainsi consomma-t-il indubitablement sa rupture avec l’Église.

L’excommunication est tombée. D’abord latæ sententiæ, liée par le droit à l’acte criminel, puis, sans délai, suivie et renforcée par la même censure, ferendæ sententiæ.(…).

Cette sanction est légale, elle vient de l’Autorité légitime, elle est donc « liée dans le Ciel », comme elle l’a été « sur la terre » par Pierre et les Apôtres en leurs seuls vrais successeurs.


Nul en effet ne peut constituer une hiérarchie autonome, en aucune circonstance et pour aucune raison, sans blesser l’unité, nier la sainteté, trahir l’apostolicité, briser la catholicité de l’Église. À pareille loi, nul ne peut se soustraire. »

ÉGLISE CONTRE ÉGLISE


Tout schisme dérive vite en hérésie, et plusieurs héritiers de Mgr Lefebvre aggraveront sa conception et sa théologie déficientes de l’Église.

Car Mgr Lefebvre, formé au Séminaire français de Rome, avait adhéré à la doctrine qu’on y enseignait, touchant l’indéfectibilité presque absolue des Papes et l’assistance, voire l’inspiration du Saint-Esprit préservant le Siège apostolique de tout égarement. D’où sa confiance aveugle en Rome, pendant le Concile. Il commença à dire : « L’Église est là où est la vraie foi », et il en arriva bientôt à douter que l’Église subsistât en dehors de sa Fraternité sacerdotale.

La Fraternité Saint-Pie X s’organisa comme si elle prétendait s’octroyer

les pouvoirs du Pape et de la Curie romaine :


En 1991, du vivant de Mgr Lefebvre, elle institua des tribunaux ecclésiastiques en s’attribuant un véritable pouvoir pour gouverner les fidèles. En vertu de l’adage Ecclesia supplet, mais étendu au-delà des cas prévus par le Droit canon, les dirigeants de la Fraternité usurpaient ainsi les pouvoirs de juridiction réservés au Pape pour accorder les dispenses aux empêchements de mariage, annuler les mariages, dispenser des vœux religieux, lever les censures ecclésiastiques, y compris les excommunications.

Mgr Lefebvre, dans une lettre du 15 janvier 1991, affirmait que les Commissions canoniques de la Fraternité devaient, « dans une certaine mesure, suppléer à la défection des Congrégations romaines. ».

On apprit aussi que la Fraternité obligeait ses fidèles à prendre l’engagement de ne s’adresser à aucun tribunal ecclésiastique officiel pour lui faire examiner ou juger leur cause.


La Fraternité Saint-Pie X construisait Église contre Église.

Assurément, comme l’écrivait l’abbé de Nantes en 1988, au lendemain de la consécration des quatre évêques par Mgr Lefebvre :

« le schisme tire sa malice intrinsèque de la constitution sacramentelle

d’une église à côté de l’Église, et d’un magistère intrus, se faisant juge et

pasteur suprême sur une partie du peuple, en face et à l’encontre du

magistère romain ».
1740
jean-yves macron

Cet article est dédié à @Bernard KERANGAL qui m'a fait l'amitié de me "tendre une perche" pour que je revienne dans le sede-lefebvrisme et à ceux de mes anciens amis "Résistants" qui ne comprennent pas mon choix prudentiel de revenir dans l'Eglise Catholique romaine, la seule, la vraie, l'unique Eglise du Christ.