jean-yves macron

Article 46 : Qu’est-ce qu’un schisme? partie 2

Article 46 : Qu’est-ce qu’un schisme -2- ?

« Le SCHISME de Mgr MARCEL LEFEBVRE » -2-

II. Comment savons-nous que Mgr Marcel Lefebvre a créé un schisme?

A) Le jugement de S. S. le Pape Jean Paul II

1) La lettre du 9 juin 1988 à Mgr Lefebvre

«D’un cœur paternel, mais avec toute la gravité que requièrent les circonstances présentes, je vous exhorte, Vénérable Frère, à renoncer à votre projet qui, s’il est réalisé, ne pourra apparaître que comme un acte schismatique dont les conséquences théologiques et canoniques inévitables vous sont connues. Je vous invite ardemment au retour, dans l’humilité, à la pleine obéissance au Vicaire du Christ.
Non seulement je vous invite à cela, mais je vous le demande, par les plaies du Christ notre Rédempteur, au nom du Christ qui, la veille de sa Passion, a prié pour ses disciples, “afin que tous soient un” (Jn 17, 20)».

2) Le monitum du Cardinal Gantin du 17 juin 1988

Congrégation pour les évêques
A son Excellence Révérendissime Mgr Marcel LEFEBVRE
Archevêque-évêque émérite de Tulle

Puisque le 15 de ce mois de juin vous avez déclaré que vous vouliez ordonner évêques quatre prêtres, sans avoir obtenu au préalable du Souverain Pontife le mandat dont parle le canon 1013 du Code de droit canonique, je vous adresse cette monition canonique publique, confirmant que si vous accomplissez cela, vous-même, ainsi que les évêques que vous aurez ordonnés, encourez ipso facto l’excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique selon le canon 1382.

Aussi, je vous supplie et vous conjure, au nom du Christ Jésus, de mûrement réfléchir à ce que vous vous apprêtez à faire contre les lois de la sainte discipline, ainsi qu’aux très graves conséquences qui en découlent pour la communion elle-même de l’Eglise catholique, dont vous êtes évêque.

Donné à Rome, au Siège de la Congrégation pour les Evêques, le 17 juin 1988.
Par mandat du Souverain Pontife,
Bernardin card. GANTIN, Préfet de la Congrégation.

3) L’allocution de Jean Paul II au consistoire secret des cardinaux du mardi 28 juin 1988 :

«Mais une nouvelle que vous connaissez tous nous cause une très grande tristesse : un de nos frères dans l’épiscopat, après maintenant plusieurs années, au cours desquelles il a refusé au Saint-Siège l’obéissance qui lui est due et qui, frappé d’une peine de suspense, semblait rechercher une conciliation, procédera bientôt sans mandat apostolique à des ordinations épiscopales et rompra ainsi l’unité de l’Eglise en menant nombre de ceux qui le suivent à une situation de schisme.

Puisqu’il semble maintenant que ni la volonté ni l’intention de ce frère ne peuvent être infléchies, nous ne pouvons rien faire d’autre qu’invoquer la bonté de notre Sauveur pour qu’il éclaire ceux qui, affirmant qu’ils doivent défendre la vraie doctrine de la foi contre ses déformations, abandonnent la communion avec le successeur de Pierre et sont prêts à se séparer de l’unité du troupeau du Christ confié à l’apôtre Pierre ».

4) Le télégramme du Cardinal Ratzinger à Mgr Lefebvre envoyé au nom du Saint-Père

« Pour l’amour du Christ et de son Eglise, […] le Saint Père vous demande paternellement et fermement de partir dès aujourd’hui pour Rome, sans procéder le 30 juin aux ordinations épiscopales que vous avez annoncées.
Il prie les saints apôtres Pierre et Paul qu’ils vous inspirent de ne pas trahir l’épiscopat, dont vous avez reçu la charge, ni les serments que vous avez prononcés de demeurer fidèle au Pape, successeur de Pierre.
Il demande à Dieu de vous garder d’égarer et de disperser ceux que le Christ Jésus est venu rassembler dans l’unité. Il vous confie à l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l’Eglise ».

5) Le Décret d’excommunication de la Congrégation des Evêques :

«Mgr Marcel Lefebvre, archevêque-évêque émérite de Tulle, négligeant la monition canonique formelle du 17 juin ainsi que les appels répétés à ne pas donner suite à son projet, a commis une action par elle-même de nature schismatique: il a consacré évêques quatre prêtres sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife. C’est pourquoi il a encouru la peine prévue par le canon 1364, § 1, et le canon 1382 du Code de droit canonique.
A tous effets juridiques, je déclare que le susnommé Mgr Marcel Lefebvre, ainsi que Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta ont encouru ipso facto l’excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique.

De plus, je déclare que Mgr Antonio de Castro Mayer, évêque émérite de Campos, a encouru l’excommunication prévue par le canon 1364, § 1, parce qu’il a directement participé à la célébration liturgique en tant que co-consécrateur et adhéré publiquement à un acte schismatique.
Les prêtres et les fidèles sont avertis de ne pas donner leur assentiment à l’acte schismatique de Mgr Lefebvre afin de ne pas encourir la même peine.

Donné à Rome, au siège de la Congrégation pour les Evêques,
le 1er juillet 1988.
Bernardin Card. GANTIN, Préfet de la Congrégation pour les Evêques»

6) Le Motu proprio Ecclesia Dei :

« En lui-même, cet acte a été une désobéissance au Souverain Pontife en une matière très grave et d’une importance capitale pour l’unité de l’Eglise, puisqu’il s’agit de l’ordination d’évêques par laquelle se perpétue sacramentellement la succession apostolique.

C’est pourquoi une telle désobéissance, qui constitue en elle-même un véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome, constitue un acte schismatique.

En accomplissant un tel acte malgré la monition formelle qui lui a été envoyée par le cardinal préfet de la Congrégation pour les Evêques le 17 juin dernier, Mgr Lefebvre a encouru avec les prêtres Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta, la grave peine de l’excommunication prévue par la discipline ecclésiastique.

A la racine de cet acte schismatique, on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. […].

Dans les circonstances présentes, je désire avant tout lancer un appel à la fois solennel et ému, paternel et fraternel, à tous ceux qui, jusqu’à présent, ont été, de diverses manières, liés au mouvement issu de Mgr Lefebvre, pour qu’ils réalisent le grave devoir qui est le leur de rester unis au Vicaire du Christ dans l’unité de l’Eglise catholique et de ne pas continuer à soutenir de quelque façon que ce soit ce mouvement.

Nul ne doit ignorer que l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et comporte l’excommunication prévue par le droit de l’Eglise».

7) L’Allocution aux cardinaux à l’occasion de Noël 1988, n° 8 :

« Avant tout, l’issue malheureusement non réussie, de la tentative d’éviter l’instauration d’une situation objectivement schismatique de la part d’une communauté bien connue».

B) Explication et évaluation du jugement du Pape Jean Paul II

1) Des ordinations épiscopales « sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife ».

a) L’acte de Mgr Lefebvre :


Mgr Lefebvre s’est mandaté lui-même pour envoyer en mission apostolique

contre la volonté du Souverain Pontife des évêques. Cette mission ne lui

vient pas du pape et s’oppose au pape.

Mgr Lefebvre s’est donc placé au-dessus du pape, non plus seulement en

estimant devoir lui désobéir, mais encore en s’attribuant une prérogative du

pape exercée, qui plus est contre le pape.


Il a envoyé en mission des évêques contre le pape.

C'est pourquoi Jean Paul II, des diverses caractéristiques de cet acte conclut à l’acte schismatique.

Il s’agit d’un véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome.

b) Le résultat de l’acte: des évêques non catholiques :

Le corps des successeurs des apôtres se définit par l'ordination épiscopale, d'une part (condition nécessaire, mais non suffisante), et par la communion hiérarchique avec le centre de l'unité des pasteurs et des fidèles, c'est-à-dire le successeur de saint Pierre, d'autre part (condition nécessaire aussi).

Des évêques ordonnés contre la volonté du pape sont nécessairement hors

du corps des successeurs des Apôtres.


- Alors, ou bien ils renoncent à exercer tout ministère épiscopal et ils peuvent encore être considérés comme catholiques (toutes choses égales par ailleurs, après relève de leur excommunication etc.),

- ou bien ils ne renoncent pas à exercer tout ministère épiscopal, et alors ils prétendent avoir une mission épiscopale pour le remplir.

Cette mission ne venant de nulle part, elle est schismatique".

Fin partie 2
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