Elle s’appelle Agnès. Elle a 36 ans de service. Elle connaît ses gars. Elle connaît son terrain. Elle sait reconnaître un agriculteur en colère d’un black bloc sous coke. Mais non. L’État a dit : “On tape. Tu tapes pas ? Tu dégages.” Virée par SMS. Même pas un pot. Même pas une clope derrière le bâtiment. Direct au vide-ordures hiérarchique. “Vous m’avez désobéi”. C’est la phrase. Gravée. Digne d’un sous-préfet frustré qui se prend pour Napoléon dans un open space.
Le plus drôle, c’est que sur le terrain, les collègues l’ont ovationnée. Le vrai respect, pas celui qui se partage en émoji dans un tweet de cabinet ministériel. Le respect du “t’as été là, t’as pas lâché, t’as protégé, t’as pas trahi.” Et là tu comprends que cette femme, elle fait peur à la machine. Parce qu’elle démontre que c’est possible de faire autrement. Et ça, dans ce système, c’est un blasphème.
Donc on récapitule : une flic compétente, aimée, respectée, qui choisit la désescalade, la logique, la paix. Virée. Et des cadres zélés, bêtes comme leurs uniformes, promus. Cherchez l’erreur. Agnès, elle mérite une statue. Eux, un audit psychiatrique. Mais bon, dans la start-up nation, faut mieux savoir obéir qu’agir. Faut mieux taper fort que penser juste. Et surtout, faut mieux servir les chiffres que le peuple.
On t’oubliera pas Agnès.
Toi t’as servi la République. Les autres servent le pouvoir. Y’a une différence. Une grosse. Et elle s’entend jusque dans le silence qu’ils espèrent imposer. Mais là, c’est râpé.